Dernières Nouvelles d’Alsace – Fin de vie : qui est Olivier Falorni, militant de l’aide à mourir et rapporteur de la loi ?
Infatigable militant de l’aide à mourir depuis 2012, date de sa première élection en tant que député, Olivier Falorni (Les Démocrates) a souvent rêvé de ce jour. Celui où la France modifiera son droit sur la fin de vie. Portrait.
Il n’y a rien de plus beau que la vie, mais parfois il y a pire que la mort. » Olivier Falorni, député Les Démocrates, sait que ses phrases, dites doucement, sans hausser le ton, font réfléchir. Elles infusent les esprits, lentement, jusqu’à changer les mentalités.
À 53 ans, il a pu observer de nombreuses fois des anonymes ou des personnalités politiques changer d’avis sur la fin de vie. C’est le cas récemment d’Alain Juppé ou de Gérald Darmanin, qui sont à présent pour une aide à mourir. Lui, porte cette question à l’Assemblée depuis sa première élection en tant que député de Charente-Maritime, en 2012. C’était le thème de sa première question au gouvernement, en l’occurrence à Marisol Touraine, ministre de la Santé.
À l’époque, il était connu pour avoir battu Ségolène Royal, parachutée par le PS dans la circonscription où lui, aussi socialiste, militait. Depuis, il n’est plus socialiste, mais est devenu l’un des parlementaires les plus engagés sur l’aide à mourir.
« Mon engagement sur le sujet ne part pas d’une expérience personnelle. Pas au début », rappelle le rapporteur de la proposition de loi relative à la fin de vie, soumise au vote solennel des députés ce mardi. Sa prise de conscience vient de sa rencontre avec le sénateur Henri Caillavet, rapporteur de la loi IVG en 1974. « Il avait déposé une proposition parlementaire de loi sur la fin de vie dès 1978. Quand je l’ai rencontré, j’étais très jeune, loin de penser à ce genre de chose. C’était un grand monsieur. ». Une rencontre marquante, qui a infusé son âme, bien avant que d’être touché par la liberté de choisir sa mort au sein même de son cercle intime.
Est-ce qu’Olivier Falorni y fera référence lorsque, ce 27 mai (*), il montera à la tribune de l’Assemblée pour défendre le changement du droit sur la fin de vie ? « Évidemment, il y a de l’émotion », avoue-t-il. Mais il essaie de la garder à distance. « Ce combat, j’en écarte tout le caractère émotionnel, même si c’est difficile de mettre toute sensibilité en dehors du sujet. »
La chanteuse et comédienne Line Renaud, très investie sur le sujet, l’appelle toutes les semaines. Lui répond à toutes les sollicitations, infatigable militant de la liberté de choisir sa fin de vie, quand elle n’est que souffrance.
« C’est une loi d’équilibre », revendique celui qui sait qu’aucun texte n’est parfait. « Les dérives aujourd’hui, c’est la clandestinité et les exils. » La clandestinité des médecins qui abrègent la souffrance de leurs patients. L’exil des malades les plus fortunés qui vont à l’étranger pour mourir.
Ce 27 mai, la loi sur la fin de vie, désormais scindée en deux textes (soins palliatifs et aide à mourir), sera sans doute votée à l’Assemblée. Elle aurait dû l’être en juin dernier. « Je n’imaginais pas tant d’obstacles pour cette loi, la dissolution étant le plus inattendue », insiste, toujours en souriant, Olivier Falorni. Le sourire sera sans doute plus fier après le vote.
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