France 3 – Ce député retourne dans son collège et fait une révélation : lui aussi a été victime de harcèlement scolaire

Pour la rentrée scolaire, Olivier Falorni, député de la Rochelle, s’est rendu au collège Beauregard qui organisait des ateliers de sensibilisation sur le harcèlement scolaire. L’occasion pour l’homme de témoigner pour la première fois. Lui aussi a subi du harcèlement à sa rentrée de 6ᵉ.

 

Il s’était questionné pendant le week-end. Devait-il en parler ? Ou pas. Il n’a pas tranché. Mais là, en ce lundi, jour de rentrée, face à tous ces élèves de 6e et tous ces parents ayant répondu présents en nombre pour participer aux ateliers sur le harcèlement scolaire organisés par la direction du collège Beauregard, Olivier Falorni, député de La Rochelle, a choisi de raconter son histoire. Une forme de coming out sur le harcèlement qu’il a lui-même subi alors qu’il était élève de ce collège. C’était il y a 42 ans. Des insultes, des humiliations de la part d’un élève à cause d’une méchante cicatrice sur le visage. « Il n’est pas sûr que j’aurais parlé de ce que j’ai vécu si cela n’avait pas été dans le collège où j’ai été élève. Il se trouve que le collège Beauregard a été le mien. « 

 

Une épreuve qu’il avait gardée pour lui à l’époque. Ses professeurs, ses parents n’en ont jamais rien su. « Je voulais axer ma rentrée sur le thème du harcèlement scolaire qui est une priorité à mes yeux car c’est un fléau qui peut détruire une scolarité et qui peut même détruire des vies. »

 

Le député affilié au groupe « Les démocrates » à l’Assemblée nationale n’a nullement voulu « faire pleurer dans les chaumières. Il y a des filles et des garçons qui subissent des moments de harcèlement bien plus dramatiques. Ce harcèlement, moi, je l’ai géré. »

 

C’était en ce mois de septembre de sa rentrée de 6e« J’avais été très gravement mordu par un chien quand j’étais tout jeune enfant en maternelle. J’avais une grosse cicatrice qui me barrait le visage. J’avais cette différence physique, mon visage était différent de celui des autres. Il suffit de pas grand-chose pour qu’un gamin de 10 ans reçoive des moqueries ou se fasse humilier. » Des insultes qui se multiplient de la part d’un garçon de sa classe. « Sale gueule »« Le balafré », de quoi faire souffrir un minot de 6e qui a perdu ses repères. « J’étais quelqu’un qui avait envie d’être comme les autres. Je ne voulais pas me faire remarquer et me faire pointer du doigt dans un univers qu’on découvre et où on ne connaît pas grand monde dans la classe. »

 

Du harcèlement qui dure plusieurs semaines. « Ce n’était pas une simple querelle de gamins, ce n’étaient pas des échauffourées passagères dans la cour d’école. » Le jeune Olivier Falorni, plutôt costaud, a réglé le problème, seul. Jusque-là, il ne s’était jamais battu. Un jour, il a fini par attraper l’élève harceleur par le col pour lui faire comprendre que son attitude ne pouvait pas durer. Et cela a suffi. « Je sais que ce n’était pas une solution mais à l’époque, j’avais honte et je ne pouvais pas en parler à mes parents ou à mes professeurs. Je n’ai jamais aimé me plaindre. J’étais plutôt taiseux. »

 

L’homme, aujourd’hui âgé de 53 ans, n’en garde aucun traumatisme. « Mais j’ai pris conscience à quel point cela pouvait traumatiser et briser certains jeunes qui n’avaient pas la force physique et morale d’affronter le problème tout seuls. » Olivier Falorni n’a plus jamais été importuné par ce garçon.

 

Vingt ans plus tard, ils se sont recroisés et ont pu échanger sur leur rentrée de 6e avec leur maturité d’adulte : « Il m’a dit : « ce qu’on peut être c.. quand on a 10 ans ! » Je pense que lui aussi en a tiré une leçon. Je crois qu’il n’a jamais récidivé. Il m’a fait comprendre qu’à l’époque, il se délestait de son stress de la rentrée en trouvant un souffre-douleur. De mon côté, cela fut un apprentissage de la vie en communauté et de la nécessité de ne pas subir, de ne pas se laisser faire et de s’affirmer. »

 

Lundi 1er septembre, quand Olivier Falorni a franchi les grilles de son collège, tout ce passé a resurgi. Il s’est retrouvé face à des enfants et des parents qui ont accueilli le député trop souvent perçu comme « un peu lointain, un peu inaccessible ». Finalement, il a choisi de laisser l’ancien collégien s’exprimer pour rompre la distance. « Quand ils ont su qu’il y a 42 ans, j’étais à leur place, que j’étais gamin comme eux, tout de suite, les regards ont changé. » Le député a dévoilé son histoire. « C’était beaucoup plus audible que tous les grands discours théoriques sur le sujet. »

 

L’homme, qui a voté la loi contre le harcèlement scolaire en 2022, n’a qu’un message à transmettre aux enfants : « Ne faites pas subir aux autres ce que vous ne voudriez pas subir vous-mêmes. »

 

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