France Bleu – Fin de vie : à l’Assemblée, les députés approuvent la création d’un droit à l’aide à mourir

Les députés ont approuvé la création d’un droit à l’aide à mourir ce samedi, lors de l’examen du texte sur la fin de vie. Ils ont également rétabli le principe de l’auto-administration de la substance létale, à moins que le patient ne soit pas en mesure physiquement d’y procéder. »

 

L’examen de la proposition de loi sur l’aide à mourir a repris ce samedi 17 mai. Les députés ont approuvé la création d’un droit à l’aide à mourir et rétabli le principe de l’auto-administration de la substance létale. Les députés avaient commencé à se pencher sur le texte vendredi soir, après en avoir terminé avec les débats sur la proposition de loi sur le renforcement des soins palliatifs. Un vote solennel aura lieu le 27 mai, sur chaque texte.

 

L’article créant le droit à l’aide à mourir a été adopté par 75 voix, contre 41. L’hémicycle est revenu sur la version adoptée en commission mi-avril, qui accordait à la personne souhaitant recourir à l’aide à mourir la liberté de choisir entre auto-administration du produit létal et administration par un médecin ou un infirmier. Les députés ont en effet adopté un amendement du gouvernement précisant que l’administration du produit par un tiers ne sera possible que lorsque le patient « n’est pas en mesure physiquement d’y procéder », revenant à la version initiale.
« La position du gouvernement, c’est de dire (que) le principe, c’est l’auto-administration, l’exception c’est l’accompagnement », a déclaré dans l’hémicycle la ministre la Santé Catherine Vautrin.

 

Pour plusieurs députés, il s’agissait « d’un point de rupture de l’équilibre du texte », selon les mots de la députée Horizons et ancienne ministre de la Santé Agnès Firmin Le Bodo, qui a plaidé la nécessité d’être « à l’écoute des soignants pour la construction de ce texte ».

 

Cette proposition de loi ultra-sensible est très attendue, et 2.000 amendements ont été déposés. Déjà vendredi soir, les députés ont multiplié les prises de paroles, sur un ton grave. Parmi les critiques formulées, le fait que les mots « euthanasie » et « suicide assisté » ne figurent pas dans le texte. « Il faut dire clairement les choses », pour député Charles Sitzenstuhl (groupe macroniste EPR). L’élu RN Christophe Bentz, lui, estime qu’il « faut tout simplement dire la vérité aux Français ». Sur X, le leader de LFI, Jean-LUc Mélenchon a appelé les députés à « ouvrir un nouveau droit, une nouvelle liberté ».

 

Le rapporteur du texte, Olivier Falorni s’est expliqué. Le mot euthanasie « a été souillé par l’histoire. Les nazis ont souillé ce terme et nous n’en voulons pas ». Quant au terme de suicide assisté, il crée « une confusion avec le combat que nous menons (…) contre le suicide ». Il estime qu’employer « aide à mourir » est « très clair, très précis et la définition qui va avec dans la loi l’est tout autant ».

 

Sur franceinfo ce samedi, la députée Horizons Agnès Firmin Le Bodo, ancienne ministre de la Santé, estime que le débat* »est respectueux et à la hauteur du sujet »*. Elle affirme que « le débat parlementaire permet à chacun de se poser des questions », comme « sur les conditions d’éligibilité à l’aide à mourir et c’est là où nous aurons les débats ». Pour Agnès Firmin Le Bodo l’idée du président de la République de faire un référendum en cas « d’enlisement » des débats au Parlement « pour enfin avancer sur ce sujet attendu par une très grande majorité de nos concitoyens pourrait être une solution si, au Sénat, on n’avance pas assez vite ».

 

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