France Bleu – « La plus mauvaise décision qui soit » : les réactions après la démission surprise du maire de La Rochelle
À huit mois des élections municipales, ce vendredi 6 juin, Jean-François Fountaine a annoncé renoncer à son fauteuil de maire de La Rochelle, tout en restant à la tête de l’agglomération. Un choix politique surprenant, salué par la gauche, mais dénoncé par la droite et le député Olivier Falorni.
Jean-François Fountaine a surpris tout son monde en lâchant la barre municipale, sans quitter le navire pour autant. « Je garderai mes responsabilités à la communauté d’agglomération et je resterai conseiller municipal. On est dans une séquence favorable pour notre ville, qui ne sera jamais une grande ville, mais qui doit continuer à se développer ». Informée il y a quelques jours seulement, sa première adjointe Catherine Léonidas va assurer le court intérim et gérer les affaires courantes en attendant l’élection du nouveau maire de La Rochelle, le 16 juin prochain, par le conseil municipal. Après l’effet de surprise, la classe politique rochelaise n’a pas tardé à commenter le choix du maire sortant de La Rochelle.
« Ça me donne un peu le sentiment que c’est panique à bord et c’est magouilles en fond de cale. Quand on démissionne, on démissionne totalement. » Olivier Falorni n’a pas mâché ses mots ce vendredi 6 juin en commentant la démission de Jean-François Fountaine, qui sera effective mardi prochain. « Je pars sans partir, cette vraie fausse démission, c’est la plus mauvaise décision qui soit », a poursuivi le député rochelais apparenté Modem qui dénonce le manque de clarté dans cette décision. Un peu plus tôt dans l’après-midi, le maire de La Rochelle a tenu une conférence de presse au cours de laquelle il devait lever le suspense sur le fait de briguer ou pas un troisième mandat.
Autre réaction politique, celle de Jean-Marc Soubeste. Au-delà de l’effet de surprise, l’éternel candidat écolo rochelais salue cette décision de démissionner. « C’est une très bonne nouvelle, parce que ça nous évitera de revivre le différend entre Falorni et Fountaine, qui, malgré le peu de différences entre leurs programmes, a phagocyté le débat municipal. Ça va surtout permettre de construire avec les Rochelais une alternative, un projet qui redonne les clés de la ville aux Rochelaises et aux Rochelais ».
L’ancien candidat rochelais de la droite et du centre, Bruno Léal, est sur la même ligne qu’Olivier Falorni au moment de commenter le choix de Fountaine. « J’ai le sentiment qu’il démissionne sans vraiment démissionner, puisqu’il reste conseiller municipal et qu’il reste président de la CDA. Ce n’est pas très noble de sa part. Il aurait très bien pu assumer son rôle de maire jusqu’au bout. S’il ne le fait pas, c’est qu’il a en tête de peser sur la suite. C’est une stratégie politicienne qui se fiche totalement des Rochelais et de l’avenir de La Rochelle », commente celui qui fera partie de la liste « Tous ensemble » pour les municipales de 2026.
La responsable RN de la 1re circonscription de la Charente-Maritime, Emma Chauveau, a réagi par communiqué : « Le départ du maire de La Rochelle, conservant la présidence de l’agglomération, et remplacé par sa première adjointe, ne change rien à une gestion municipale à bout de souffle. Le Rassemblement national déplore cette continuité sans débat ni nouveau projet. Les Rochelais méritent un véritable renouveau démocratique et une politique ancrée dans leurs priorités, et non une succession organisée en cercle restreint. »
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