France Bleu – Le centre de déminage de La Rochelle inaugure un nouveau bâtiment de 1.000 mètres carrés
Après un an de travaux, un nouveau bâtiment administratif a poussé au centre de déminage de La Rochelle, situé au niveau du port de La Pallice. Il vient compléter le bunker, déjà existant et donne davantage de moyens au centre qui couvre huit départements.
Le centre de déminage de La Rochelle fait peau neuve. Un nouveau batiment de 1 080 mètres carrés a été inauguré hier matin en présence des différentes autorités de l’Etat. Situé au niveau de la route du port autonome, le centre de déminage avait pourtant été menacé de suppression en 2015. Après une bataille parlementaire, menée notamment par le député charentais-maritime Olivier Falorni, il a été sauvé… et rénové pendant un an. Le chantier s’est achevé le 19 décembre dernier.
« Donc derrière vous, vous avez le bureau du chef, monsieur le sous-directeur » s’enthousiasme Claude Clarès, le chef du centre de déminage de La Rochelle. « C’est mieux que le bunker, c’est lumineux », lui répond-on. Claude Clarès fait la visite de ce nouveau bâtiment. Il comprend essentiellement des bureaux et vient compléter le bunker déjà existant : « Avant, le centre de déminage était basé sur le bunker et un bungalow de 45 m2. Aujourd’hui, on va en fait détruire le bungalow. On va sortir tous les matériaux qui étaient dans le bunker, qui n’avaient rien à y faire, et on va tout installer dans le nouveau bâtiment qui sera un bâtiment de stockage, de garage et de bureau« . Le nouveau bâtiment, spacieux, dispose en effet d’une salle opérationnelle, d’une salle de réunion, de vestiaires, d’une salle de sport, d’un réfectoire et surtout d’un grand garage pour les nombreux véhicules.
Un nouveau bâtiment qui rappelle l’importance de ce centre dans la région, mais pas que. Il couvre au total huit départements, allant de la Charente-Maritime à la Creuse, en passant par l’Indre-et-Loire, avec des missions essentielles : « Notamment la collecte de munitions historiques qu’on ramasse régulièrement, on va dire que c’est 80% de notre travail. On en récolte entre 7 et 20 tonnes suivant les années. Ensuite, on fait tous les voyages officiels des ministres dans notre zone de compétences. Et ensuite, on fait les colis suspects dans les trains. Ce que vous entendez en gare par exemple « les démineurs passeront », c’est nous« , explique le chef du centre de déminage.
Au total, neuf démineurs, dont une femme, vont travailler sur ce site chargé d’histoire : « Le centre de La Rochelle se trouve à La Pallice, qui a subi de lourds bombardements alliés. De trouver un déminage à cet endroit où les bombardements ont eu lieu… c’est un retour à l’histoire on va dire« . Et pour le clin d’œil historique justement, la salle de réunion du nouveau bâtiment est baptisée Raymond Aubrac, ce résistant à l’origine du service du déminage français au moment de la Libération. Une fierté pour sa fille Elizabeth Aubrac, présente à l’inauguration : « C’est un honneur pas pour moi mais pour la mémoire de ce en quoi ces gens en cru, c’est à dire une France solidaire. Et s’il y a un métier de solidarité, c’est bien le métier du déminage. Un démineur peut pas être démineur tout seul, un résistant peut pas être résistant tout seul. C’est très symbolique« .
Devant un métier vieillissant – la moyenne d’âge des démineurs est de 56 ans – la direction de la Sécurité Civile a annoncé travailler sur la création d’une école nationale des démineurs.
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