France Bleu – « Non, cette loi n’est pas là pour tuer les gens » : Olivier Falorni répond à un médecin spécialiste de soins palliatifs

Invité de ICI La Rochelle, le chef de l’unité de soins palliatifs de Marlonges (Charente-Maritime) a regretté que la loi ouvrant un droit à l’aide à mourir soit en réalité une loi pour « tuer les gens ». Des propos inacceptables pour le député de la Charente-Maritime à l’origine du texte.

« J’ai l’habitude d’entendre de nombreux arguments hostiles à cette loi », assure Olivier Falorni. Mais les propos tenus mardi matin sur l’antenne d’ICI La Rochelle par le chef de l’unité de soins palliatifs de Marlonges (commune de Chambon, Charente-Maritime) ont dépassé les limites de l’acceptable, pour le député Les Démocrates de la Charente-Maritime. Avec la loi introduisant un nouveau droit à l’aide à mourir, adoptée mardi soir en première lecture« on ne parle pas d’aide à mourir, à mon sens, a estimé Denis Del Nista, on parle de faire mourir ». Un peu plus tard, le médecin est même allé plus loin, s’estimant désemparé : « Si la société pense que c’est OK de tuer les gens, c’est la société. » Des intentions qui ne sont absolument pas portées par la loi, estime son initiateur, Olivier Falorni, qui dénonce des propos « soit empreints de méconnaissance de la loi, soit de mauvaise foi ».

 

Mais c’est une autre phrase prononcée sur ICI La Rochelle par le médecin Denis Del Nista qui est la plus « grave », selon Olivier Falorni. « La solution à la maltraitance dans les Ehpad est-elle vraiment de tuer les gens qui y sont ? Je ne suis pas sûr », a déploré le chef du service de soins palliatifs de Marlonges. « Non, cette loi n’est pas là pour tuer les gens ! », dénonce le député de La Rochelle et de l’île de Ré. « Cette loi concerne des malades en fin de vie, elle ne concerne pas des personnes âgées, ni des personnes handicapées, ni les enfants. Elle concerne les personnes qui malheureusement, en raison de leur pathologie, vont mourir. » Et certes, ces personnes peuvent parfois être âgées ou handicapées, mais ce critère ne sera pas suffisant pour obtenir une aide à mourir.

 

Enfin, Olivier Falorni a peu apprécié les doutes du docteur Del Nista sur la « volonté libre, éclairée et réitérée » exigée des candidats à l’aide à mourir. « Est-ce que c’est OK de tuer des personnes qui sont malades et qui ne sont peut-être pas toujours en pleine possession de leur faculté de décision ? », avait interrogé le médecin sur l’antenne d’ICI La Rochelle. Le député déplore « des propos qui sont extrêmement violents et qui surtout ne reflètent pas la réalité de la loi ».

Olivier Falorni salue une « étape très importante » après le vote de son texte en première lecture, ravi d’avoir réuni 305 voix pour, soit plus que la majorité absolue de l’Assemblée (289 voix). La proposition de loi doit maintenant être examinée par le Sénat. « J’espère évidemment que notre Parlement sera en capacité de faire que ce texte soit adopté dans des délais raisonnables« , précise le député, soit « au cours de l’année 2026 ».

 

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