France Bleu – Un dispositif d’identification des plaisanciers impulsé en Charente-Maritime pour lutter contre le narcotrafic
Un futur cadre légal devrait permettre de pouvoir identifier chaque plaisancier faisant escale dans un port de plaisance français. Le dispositif initié et impulsé en Charente-Maritime a été présenté en grandes pompes ce lundi à La Rochelle.
« Sortir la France du piège du narcotrafic ». C’est l’intitulé de la loi visant à renforcer la lutte contre la criminalité organisée. Parmi les mesures annoncées : la création d’un nouveau parquet national anticriminalité organisée, la fermeture des commerces qui blanchissent l’argent de la drogue, ou encore des quartiers de prison sécurisés pour les narcotrafiquants. Dans le cadre de cette loi, deux amendements ont été défendus par le député Modem de la Charente-Maritime, Olivier Falorni. Le premier vise à sanctionner la communication illicite à l’intérieur des prisons. L’autre concerne les ports de plaisance. « Il n’y a aucune atteinte aux libertés. Il y a simplement la volonté d’avoir toutes les données pour être plus efficaces. Tous ces amendements visent à faire en sorte que notre sécurité soit assurée. La lutte contre le narcotrafic, c’est préserver de nos concitoyens« , martèle le parlementaire charentais-maritime.
Début février, la préfecture de la Charente-Maritime a lancé un dispositif expérimental unique en France métropolitiane afin d’améliorer le renseignement sur les bateaux de plaisance en escale, en s’inspirant de ce qui est mis en place pour le trafic aérien. « Rien ne change en terme de liberté de circulation, il y a une obligation de décrire qui on est, d’où on vient et où on va, mais rien n’empêche les personnes de circuler. L’objectif est de donner aux services d’enquête des outils qui n’existent pas aujourd’hui, de faire des traitements de données pour détecter des mouvements suspects et cibler leurs contrôles », justifie Brice Blondel, le préfet de la Charente-Maritime.
En période estivale, entre 600 et 800 bateaux rentrent chaque jour dans le port des Minimes, qui compte près de 5000 anneaux. Impossible de contrôler tout le monde. Cette plateforme de données généralisée permettra aux autorités, à commence par les douanes de travailler plus efficacement. « Le but est d’avoir des réflexions sur les anomalies de navigation d’un bateau. Pourquoi met-il plus de temps à aller d’un point A à un point B ? Pourquoi a-t-il fait des ronds dans l’eau à tel endroit ? Est-ce que le skipper et l’équipage sont déjà des gens connus ? L’intérêt est vraiment de travailler sur les données », détaille Patrice Laucaigne, l’adjoint au chef de service de la brigade de surveillance extérieure des douanes de La Rochelle. Le port des Minimes a déjà mis en place un formulaire obligatoire mais pour le moment, il ne s’applique qu’aux plaisanciers résidant hors de l’espace Schengen.
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