France Inter – Olivier Falorni invité de la Matinale
Jour de vote à l’Assemblée nationale sur la fin de vie, Olivier Falorni, député de Charente-Maritime, rapporteur de la proposition de loi relative à la fin de vie et Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs et présidente de la SFAP sont les invités de France Inter ce mardi.
- Olivier Falorni, député MoDem, ancien rapporteur général de la commission spéciale sur la fin de vie
- Claire Fourcade, médecin à la Polyclinique Le Languedoc à Narbonne, présidente de la SFAP (Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs)
Ce mardi, à l’Assemblée nationale, les députés vont voter en fin d’après-midi sur deux textes relatifs à la fin de vie. L’un sur l’accompagnement et les soins palliatifs porté par Annie Vidal (Renaissance) et l’autre, porté par Olivier Falorni (groupe MoDem) créant un « droit à l’aide à mourir ». Si le premièr texte devrait être approuvé à l’unanimité, le vote du second est plus incertain.
« Rien n’est jamais acquis mais ce serait paradoxal que le texte adopté en commission aux deux tiers ne soit pas voté« , avance Olivier Falorni, député de Charente-Maritime, rapporteur de la proposition de loi relative à la fin de vie. « Je pense qu’on a un texte qui est solidement charpenté, juridiquement précis« , plaide le député de Charente-Maritime. « C’est un texte d’équilibre, et d’ailleurs, certains m’ont reproché qu’il soit trop permissif, d’autres trop restrictif« .
« Ça fait 25 ans que je fais de l’aide à mourir. Dans ce texte, il n’y a rien qui concerne ma pratique actuelle, quotidienne« , récuse Claire Fourcade, médecin en soins palliatifs et présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs. « On a dit aux Français que c’était un grand texte d’autonomie et de liberté, or c’est un texte du pouvoir médical. Ce texte me donne un pouvoir énorme et je ne veux pas de ce pouvoir« , explique la médecin. Selon elle, les soignants sont divisés sur la question « mais une immense majorité des soignants qui sont confrontés à ces questions de fin de vie sont quand même très opposants à ce texte. »
Concernant les critères d’accès à cette aide à mourir, Olivier Falorni rappelle que la personne qui pourrait en bénéficier doit être majeur, de nationalité française ou résident stable. Elle doit également être atteinte « d’une affection grave et incurable, quelle qu’en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée » ou « terminale« , ajoute-t-il. La personne doit « présenter une souffrance physique ou psychologique constante » qui est « soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne » lorsqu’elle a choisi de ne pas recevoir ou d’arrêter un traitement. Pour finir, la personne doit être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.
Mais Claire Fourcade donne l’exemple de personnes atteintes de cancer métastatique : « 450 000 personnes en sont atteintes, rentrent dans les critères et c’est moi, le médecin, qui va devoir décider de qui a accès ou non à ce droit« .
Sur le délit d’entrave, un amendement prévoit une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. « Ce délit existe dans la loi depuis des décennies concernant l’IVG« , justifie le député. « Il ne sera jamais interdit de convaincre quelqu’un de renoncer au droit à l’aide à mourir mais il sera interdit d’exercer des pressions morales, psychologiques, des menaces et d’entraver l’exercice de ce droit« , affirme Olivier Falorni en réponse au ministre de l’intérieur. Sur X, Bruno Retailleau a écrit samedi que ce délit « c’est franchir une nouvelle limite qui n’est pas supportable. » Pour Claire Fourcade, ce délit est incompréhensible. « Notre travail à nous soignants c’est de soutenir le désir de vie. Parfois c’est un brasier, une flamme fragile. Ce qu’on nous propose c’est de souffler sur cette flamme mais d’être puni pour ça« , défend la médecin.
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