Le Parisien – « Un fléau qui détruit des scolarités et peut briser des vies » : à La Rochelle, les parents planchent sur le harcèlement au collège
Jour de rentrée pas tout à fait classique pour les sixièmes du collège Beauregard. L’établissement a organisé ce lundi des ateliers de prévention contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement pour les parents, afin d’étudier des cas concrets et de leur donner des outils.
« Prescillia a 11 ans, elle est amoureuse de Marvin qui est en cinquième. Elle lui envoie tous les jours un ou plusieurs messages sur Snapchat avec des photos d’elle parfois en tenue légère. Au collège, Marvin a tenté d’expliquer à Prescillia qu’il n’était pas intéressé mais en vain. Il lui a dit que la prochaine fois, il publierait sur les réseaux sociaux des captures d’écran de ses messages. » Est-ce du harcèlement ? Du cyberharcèlement ? Qui est responsable ? Comment agir ? Ce lundi 1er septembre, jour de rentrée scolaire, des parents ont planché sur ce cas concret lors d’un atelier de prévention et de lutte contre le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement organisé pour la deuxième année au collège Beauregard, à La Rochelle (Charente-Maritime).
Destinés à l’ensemble des parents des 140 élèves de sixième, ces ateliers d’une heure étaient animés par des personnels des centres sociaux. Pendant que leurs enfants découvraient leur nouvel établissement, les familles travaillaient de leur côté dans une salle dédiée, en petits groupes. « Les idées reçues sont détricotées puis à partir de cas concrets, il s’agit de déterminer à quel moment ça devient du harcèlement et non plus de la chamaillerie. Nous leur donnons des outils, des contacts vers qui se tourner », explique Sophie Fontaine, la principale, qui a renouvelé l’opération après les bons retours reçus l’an passé.
« On en parle de plus en plus. C’est un sujet préoccupant alors c’est intéressant de participer à ce travail. Cà apporte des outils. La frontière avec la chamaillerie est très fine, ce n’est pas évident. On comprend que les échanges sont vraiment essentiels », confie Laurent, le père d’une néocollégienne. La mère, Marine, trouve que « cet atelier est bien », même si sa fille n’est pas encore concernée par le cyberharcèlement puisqu’elle n’est pas équipée de téléphone portable. « Elle en aura un plus tard, juste pour les appels, sans Internet », augure-t-elle.
« Le harcèlement scolaire doit être au cœur de tout, c’est un fléau qui détruit des scolarités et peut briser des vies. 611 000 cas ont été recensés en France en 2024. Une loi a été votée en 2022 à ce sujet, avec une infraction spécifique. Ce n’est pas une querelle de gamins, c’est de la maltraitance », a souligné Olivier Falorni, député de la première circonscription de Charente-Maritime, venu saluer l’initiative mise en place dans ce collège qu’il a fréquenté. « Quand j’avais 11 ans, j’y ai subi du harcèlement scolaire pendant plusieurs semaines car j’avais une balafre sur le visage. J’ai fini par régler le problème moi-même mais ce n’est pas toujours la bonne manière. L’enfant doit être accompagné », a-t-il témoigné.
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