Le Phare de Ré – Le lieutenant-colonel Jean Chevassu prend le large

Pour le « cachet du lieu » et « sa symbolique » en tant qu’édifice militaire nous disait-il, Jean Chevassu s’était rapproché des équipes du fort de La Prée et du Comité national des œuvres sociales, sportives et culturelles de l’administration pénitentiaire (Cnosap) pour organiser sa cérémonie de prise de commandement de la compagnie de gendarmerie de La Rochelle, en septembre 2022. Le dernier poste d’une carrière bien remplie près d’une île qui lui est plus que familière… depuis ses 2 ans. Vendredi 13 juin, le lieutenant-colonel, installé à Sainte-Marie, avait choisi l’esplanade de la Mer à Rivedoux-Plage pour prendre le large.

 

Dans un discours empreint d’un profond respect à la suite de la cérémonie solennelle d’adieu aux armes, le colonel Johanne Gojkovic-Lette est revenu sur la riche carrière de ce militaire. Carrière commencée en octobre 1987 à Chamonix au sein du bataillon des chasseurs alpins. « Quiconque mue connaît tristesse et angoisse, déclare le commandant du groupement de gendarmerie de Charente-Maritime, faisant siens les mots de Saint-Exupéry. Tristesse bien évidemment de quitter le service actif après tant d’années au service de l’arme (13 687 jours passés au service du pays). Angoisse du lendemain, de ce 1er juillet qui arrive et qui est ta bascule en réserve et en retraite. »

 

Quatorze distinctions, 9 lettres de félicitations et 2 témoignages de satisfaction sont venus couronner l’engagement au quotidien, au profit des concitoyens, de ce natif de Bourg-Saint-Maurice. « La gendarmerie est une maîtresse qui t’a beaucoup trop accaparé », lance le colonel Johanne Gojkovic-Lette, conscient du sacrifice de sa famille, son épouse Laurence et ses fils Adrien et Thibaut « qui vont enfin pouvoir profiter de toi ».

 

Chaleureusement applaudi par ses proches et de nombreux collègues militaires, actuels et passés, le lieutenant-colonel Chevassu a été rattrapé par l’émotion au moment d’évoquer à son tour « ce moment du départ, un exercice particulier » et le souvenir de son oncle résistant, fusillé un soir de Noël, dont il a hérité, en plus du prénom, le sens du devoir et de l’engagement. « J’ai eu la chance de vivre intensément ces 38 années. J’ai pu parcourir le monde, y compris dans des lieux les plus reculés. »

 

Parmi ses meilleurs souvenirs : une immersion chez les Inuits en 1991 dans le cadre d’un jumelage avec le 22e Régiment royal de Québec. Ou encore une mission de formation de la police locale au Cambodge. « Mais le plus beau cadeau que ce métier m’a donné, a été de partager cette tranche de vie avec mes camarades et frères d’armes. » Et d’ajouter : « Il n’y a de richesse que d’homme. » Du Saint-Exupéry dans le texte à nouveau.

 

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