Les 4 Vérités – Fin de vie : « Nous devons pouvoir apporter une réponse, un ultime recours », déclare Olivier Falorni

Sur le plateau des « 4V » mardi 24 février, le député LR Olivier Falorni revient sur la fin de vie et l’aide à mourir en répondant aux questions de Gilles Bornstein.

 

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview. Cliquez sur ce lien pour la regarder en intégralité.

 

Gilles Bornstein : Olivier Falorni, l’examen du texte continue à l’Assemblée. Les députés ont choisi de rétablir la possibilité pour un malade qui veut mourir de faire appel à un soignant pour l’administration de la substance létale. Donc, ça ne sera plus chacun qui prendra la substance létale, mais un médecin pourra le faire. Est-ce que vous le regrettez ? Est-ce que ça dénature le texte ?

 

Olivier Falorni : J’avais émis un avis défavorable dans le sens où le principe de l’auto-administration était prioritaire, mais je m’étais beaucoup battu pour qu’il puisse y avoir l’intervention d’un tiers soignant en cas d’incapacité. Vous savez, il y a parfois pire que la mort. Quand une personne est condamnée à une agonie sans espoir et sans fin, nous devons pouvoir apporter une réponse, un ultime recours. Et c’est dans ces circonstances-là que nous proposons ce droit à l’aide à mourir.

 

Gilles Bornstein : Alors, il y a un certain nombre de critiques sur ce texte. Philippe Juvin, député LR et médecin, est très critique. Il dit que c’est une loi écrite par des gens riches et bien portants qui s’appliquera à des gens pauvres et seuls. Un argument qu’il développe et qu’on peut entendre. On est moins libre de ses choix quand on est pauvre et isolé. Quand on baigne dans ses excréments et qu’on doit attendre 24 heures que l’infirmière passe pour vous laver, la fin de vie est plus difficile à supporter que quand on est entouré et qu’on a les moyens d’être dans un établissement qui fonctionne bien. Qu’est-ce que vous répondez à cette critique d’ordre social ?

 

Olivier Falorni : J’invite M. Juvin à prendre contact avec Charles Ubinger par exemple, qui, chacun le sait, est extrêmement bien portant. Écoutez toutes les associations de malades. La Ligue contre le cancer, l’association des malades de Charcot, le collectif France Asso Santé qui regroupe une cinquantaine d’associations de malades. Pourquoi sont-ils favorables à l’aide à mourir ? Ils parlent au nom des malades.

 

Gilles Bornstein : On a plus tendance à vouloir demander la mort quand on est seul, quand on n’est pas entouré, quand on n’a pas les moyens d’être dans un établissement qui vous garantit une fin de vie correcte. On a plus tendance à vouloir demander la mort. C’est vrai ou c’est faux ?

 

Olivier Falorni : C’est peut-être vrai, mais vous ne parlez absolument pas de la loi. La loi sur la fin de vie, sur l’aide à mourir, ne parle pas de la vieillesse, du handicap. En fait, elle s’adresse à des gens qui sont atteints d’une maladie grave et incurable, entraînant le pronostic vital, en phase avancée ou terminale. On ne parle pas de gens âgés. Je précise que tous les critères sont cumulatifs. Il y a des critères cumulatifs parce que ce que je vous dis ne suffit pas. Il faut avoir des souffrances physiques ou psychologiques insupportables, réfractaires au traitement. Il faut exprimer une volonté libre, éclairée et réitérée jusqu’au dernier instant. Donc je le dis, on ne peut pas accéder à l’aide à mourir parce qu’on a un handicap, parce qu’on est âgé, parce qu’on est en perte d’autonomie. C’est un mensonge de dire ça. On s’adresse à des gens qui sont condamnés par la maladie et qui souffrent atrocement.