Sud Ouest – Aide à mourir : « J’ai pensé aux malades, nombre d’entre eux ne sont plus là », l’émotion d’Olivier Falorni après le vote
Depuis plus de dix ans, le député de Charente-Maritime Olivier Falorni plaide en faveur de l’aide à mourir, disposition votée mardi en première lecture par les députés.
Après dix ans à appeler à la création d’un droit à l’aide à mourir, votre émotion était visible après ce vote. C’est un soulagement ?
Oui. J’ai toujours voulu mener cette cause avec rationalité, mais l’émotion vous rattrape car ce sujet touche à l’intime, à des douleurs, à des souffrances, à des départs. Quand on a le sentiment de participer à l’histoire parlementaire, on pense à des visages, à des gens. J’ai rencontré beaucoup de malades, nombre d’entre eux sont morts aujourd’hui. J’ai pensé à eux. Ils m’ont dit : « Battez-vous. » Ils savaient que ce droit ne serait pas pour eux mais pour les autres. J’ai été surpris par la force de ce vote, plus de 100 voix d’écart, c’est plus que ce que j’imaginais. Ce texte a obtenu la majorité absolue.
Ce texte prévoit la création d’un délit d’entrave à l’accès au droit à l’aide à mourir. François Bayrou a jugé cette disposition « ambiguë ». Que lui répondez-vous ?
Ce délit d’entrave était dans le texte il y a un an. Je le rappelle, cette disposition existe dans la loi depuis des décennies. Je suis surpris qu’on le découvre. Après la loi sur l’IVG, des groupes ou des associations ont empêché que le droit à l’avortement s’exerce librement. Le délit d’entrave permet d’empêcher ça, d’empêcher ces pressions. Le délit d’entrave à l’accès à l’aide à mourir est identique à celui sur l’IVG. Quand un droit est voté, il est normal que la République fasse en sorte qu’il soit réellement accessible.
Le texte part au Sénat. Pensez-vous possible un vote définitif avant la présidentielle ?
Nous avons eu un débat serein, de qualité et avec ce vote, les Français ont pu constater que l’Assemblée est capable de se mettre à la hauteur. Ce texte est très important. Dans ces conditions, si le débat venait à s’enliser, ce serait pire que tout. Si on n’est pas capable de voter ce texte en moins de deux ans, alors que la loi Veil sur le droit à l’avortement a été votée en trois mois, on aura alors le symptôme absolu de l’impuissance politique.
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