Sud Ouest – Municipales 2026 à La Rochelle : le pont de Tasdon, un authentique sujet de campagne

Le 10 novembre 2023, le pont de Tasdon était fermé à la circulation automobile. Le collectif citoyen Tous sur le pont a fêté ce « triste » anniversaire ce samedi 8 novembre dans une ambiance très électorale.

 

Le pont de Tasdon « n’est pas qu’un dossier technique, il est aussi politique ». Daniel Chuillet, le porte-parole du collectif Tous sur le pont, ne pensait pas si bien dire lorsqu’il a, après son discours, ouvert le micro aux questions ce samedi 8 novembre.

 

À 14 h 30, le groupe avait donné rendez-vous à l’entrée de l’ouvrage pour fêter les deux ans, ce « triste anniversaire », de la fermeture soudaine du pont de Tasdon décidée par le Département le 10 novembre 2023. Une invitation très bien arrivée à destination de tous ceux qui s’engagent dans la campagne des prochaines municipales. Des questions ? Non, plutôt des tribunes. « Ils n’étaient pas tous là l’an dernier pour le premier anniversaire », constate, pas si naïf, un spectateur.

 

Jean-Marc Soubeste, élu Les Écologistes d’opposition, Maryline Simoné, candidate PS déclarée aux municipales 2026, Bruno Léal, soutien de la tête de liste Christophe Batcabe, ont pris la parole. Devant eux, dans l’assistance, ici Sébastien Arzalier, attaché parlementaire d’Olivier Falorni, là Nino Salaün, porte-parole des insoumis. Dans les discours, quelques peaux de banane. « Jean-Marc Soubeste oublie de vous dire qu’il a été élu de la majorité pendant six ans [NDLR : de 2014 à 2020] », tire Bruno Léal. Dans le public, un drapeau LFI brandi en agace quelques-uns. Sans surprise, le pont de Tasdon est considéré comme une préoccupation des Rochelais et sera au cœur des prochaines élections. Et ce n’est pas pour déplaire au collectif qui souhaite, par-dessus tout, que « les élus se bougent le c… ».

 

Si, en novembre 2024, il avait organisé une « opération chrysanthème », cette année le collectif a joué la carte du spectacle. Habillés de combinaison de peintre, trois membres ont délimité un espace de « restauration » et ont peint en blanc le métal rouillé du pont. « Le collectif est à la disposition des listes candidates », martèle Daniel Chuillet, qui souhaite, plus que jamais, un débat public avec le maire, ou plutôt le nouveau maire. « L’idéal serait d’attendre les prochaines élections pour que les promesses soient tenues. »

 

L’annonce de l’actuel premier magistrat de La Rochelle, Thibaut Guiraud, lors de la réunion publique du 23 septembre à Villeneuve-les-Salines de reconstruire plutôt que de rénover le pont est au cœur des discussions. Une deuxième étude, commandée au cabinet Céréma par la Ville et le Département, en lien avec la préfecture, n’est toujours pas définitive, reconnaît le maire. Son annonce se basait sur « des premiers éléments transmis ». « Nous attendons ce deuxième rapport, s’agace le collectif. Dire que la durée de vie serait de vingt ans en cas de restauration et de quatre-vingt-dix ans en cas de reconstruction, c’est de l’escroquerie intellectuelle. Comment peut-on prendre une décision alors que le rapport n’est pas encore publié ? » Le collectif a demandé à l’obtenir pour « l’étudier » et insiste pour avoir un « vrai débat, y compris technique. À la fin, s’il faut reconstruire un pont, on s’inclinera. Au moins, le dossier aura été bien débattu. » Message entendu.

 

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